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Cotation des Risques DUERP : la Méthode G×F×D×N

Par DUPrev'

Une liste de dangers sans cotation ne vaut rien. Recenser que vos salariés "manipulent des charges" ou "travaillent en hauteur" ne dit pas par où commencer. La cotation des risques est l'étape qui transforme cet inventaire en un classement clair : quel risque traiter en priorité, lequel peut attendre. C'est précisément ce qu'exige l'article R4121-2 du Code du travail pour tout Document Unique conforme.

Cotez vos risques professionnels avec la méthode G×F×D×N : criticité = Gravité × Fréquence × Durée × Nombre exposés. Échelles 1-4, tableau et exemple chiffré.

Ce guide détaille la méthode G×F×D×N, la plus rigoureuse pour évaluer la criticité d'un risque professionnel. Vous y trouverez les échelles de notation 1 à 4 pour chaque critère, un tableau de synthèse, un exemple chiffré complet et la logique de hiérarchisation qui en découle.

La cotation traduit un risque en un score chiffré comparable

Coter un risque, c'est lui attribuer une valeur numérique qui reflète son niveau de gravité réel pour vos salariés. Sans ce score, impossible de comparer objectivement le risque de chute d'un cariste avec le risque de troubles musculo-squelettiques d'un opérateur de saisie. La cotation est donc le langage commun qui rend tous vos risques comparables.

L'évaluation des risques est une obligation directe du Code du travail. L'article L4121-2 fixe les principes généraux de prévention que l'employeur doit appliquer, à commencer par "éviter les risques" et "évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités". L'article R4121-2 impose quant à lui de transcrire cette évaluation dans le Document Unique et de la mettre à jour au moins une fois par an.

La cotation n'est pas un exercice administratif : c'est l'outil de décision qui détermine où investir vos efforts de prévention en premier.

La criticité se calcule en multipliant quatre critères : G×F×D×N

La méthode la plus complète pour coter un risque repose sur quatre critères multipliés entre eux. La criticité d'un risque se calcule ainsi :

Criticité = Gravité × Fréquence × Durée × Nombre de personnes exposées

Soit, en abrégé, C = G × F × D × N. Chaque critère est noté sur une échelle de 1 à 4. Voici la signification de chacun :

  • Gravité (G) : la sévérité des conséquences si le risque se réalise, du simple inconfort jusqu'à l'accident mortel.
  • Fréquence (F) : la fréquence d'exposition au danger, du rare au permanent.
  • Durée (D) : la durée d'exposition pendant chaque situation de travail concernée.
  • Nombre de personnes exposées (N) : combien de salariés sont confrontés à ce danger.

L'intérêt du produit (la multiplication) est qu'il amplifie les situations cumulant plusieurs facteurs défavorables. Un danger grave, fréquent, prolongé et touchant beaucoup de monde obtient mécaniquement un score très élevé et remonte en tête des priorités.

Chaque critère se note sur une échelle de 1 à 4

Pour que la cotation soit reproductible d'un évaluateur à l'autre, chaque critère doit s'appuyer sur une échelle définie. Voici les échelles recommandées :

NiveauGravité (G)Fréquence (F)Durée (D)Nombre exposés (N)
1Inconfort, gêne, soin béninRare (quelques fois par an)Très courte (< 30 min/jour)1 personne
2Accident sans arrêt, blessure légèreOccasionnelle (mensuelle)Courte (< 2 h/jour)2 à 3 personnes
3Accident avec arrêt, blessure sérieuseFréquente (hebdomadaire/quotidienne)Longue (mi-temps environ)4 à 10 personnes
4Invalidité permanente ou décèsPermanente (en continu)Très longue (poste entier)Plus de 10 personnes

Avec quatre critères notés de 1 à 4, la criticité varie de 1 (1×1×1×1, risque négligeable) à 256 (4×4×4×4, risque majeur). Cette amplitude large permet de bien étaler les risques et d'éviter les ex æquo qui rendraient la hiérarchisation impossible.

Un exemple chiffré rend la méthode concrète

Prenons un cas réel dans un entrepôt logistique : la manutention manuelle de charges lourdes par les préparateurs de commandes.

  • Gravité : une lombalgie invalidante peut entraîner un arrêt long, voire une inaptitude → G = 3
  • Fréquence : les charges sont manipulées en continu durant le poste → F = 4
  • Durée : l'exposition couvre la quasi-totalité de la journée → D = 4
  • Nombre de personnes exposées : 6 préparateurs concernés → N = 3

Le calcul donne : C = 3 × 4 × 4 × 3 = 144. Un score de 144 sur 256 place ce risque dans la zone des priorités élevées : il appelle des mesures correctives rapides (aides à la manutention, rotation des postes, formation gestes et postures).

Comparons avec un second risque : le travail sur écran d'un comptable.

  • Gravité : fatigue visuelle et TMS modérés → G = 2
  • Fréquence : exposition quotidienne → F = 4
  • Durée : poste entier devant l'écran → D = 4
  • Nombre de personnes exposées : 1 comptable → N = 1

Le calcul donne : C = 2 × 4 × 4 × 1 = 32. Bien plus bas que la manutention, ce risque sera traité après, sans pour autant être ignoré.

La hiérarchisation découle directement des scores de criticité

Une fois tous vos risques cotés, le classement par criticité décroissante donne votre plan de bataille. On regroupe généralement les scores en zones de priorité :

Score de criticitéNiveau de prioritéAction attendue
1 à 20FaibleRisque acceptable, surveillance
21 à 60MoyenneAction planifiée à moyen terme
61 à 120ÉlevéeAction corrective à court terme
121 à 256CritiqueAction immédiate, danger prioritaire

Cette hiérarchisation est la passerelle directe vers le plan d'actions. Les risques critiques et élevés alimentent en priorité vos mesures de prévention, leurs responsables et leurs échéances. C'est le sujet de notre guide dédié au plan d'actions de prévention et au PAPRIPACT.

Approfondir chaque critère évite les erreurs de cotation

La rigueur de la cotation dépend de la bonne compréhension de chaque critère. Confondre fréquence et durée, ou sous-estimer la gravité, fausse tout le classement. Pour aller plus loin sur la façon de bien noter la gravité, la fréquence et la maîtrise existante, consultez notre article détaillé : Gravité, Fréquence, Maîtrise : bien coter ses risques.

L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) propose par ailleurs des repères méthodologiques utiles pour structurer cette évaluation. Vous trouverez leurs ressources de référence sur le site de l'INRS .

DUPrev' calcule automatiquement la criticité de chaque risque

Faire ce calcul à la main, sur 30 ou 50 risques, dans un tableur Excel, est fastidieux et source d'erreurs. C'est tout l'intérêt d'un outil dédié : avec DUPrev', vous renseignez simplement les quatre critères pour chaque risque, et la cotation G×F×D×N se calcule automatiquement. La hiérarchisation se met à jour en temps réel, et le plan d'actions se construit directement à partir des risques les plus critiques.

Plus besoin de formules tordues ni de risque d'oubli : la criticité est recalculée à chaque modification, et votre Document Unique reste cohérent en permanence.

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Pour replacer la cotation dans la démarche globale, consultez aussi notre guide complet du Document Unique.

Questions fréquentes

À propos de l'auteur

DUPrev'

Expert DUERP & Prévention

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