Guide 10 min de lecture

Gravité, Fréquence, Maîtrise : Bien Coter ses Risques

Par DUPrev'

La méthode G×F×D×N est simple sur le papier, mais la qualité de votre Document Unique dépend entièrement de la justesse avec laquelle vous notez chaque critère. Surévaluer la gravité gonfle artificiellement vos priorités ; sous-estimer la fréquence masque un danger quotidien. Cet article approfondit chacun des critères de cotation avec des exemples concrets, pour vous aider à noter juste.

Maîtrisez chaque critère de cotation DUERP : gravité, fréquence, durée et nombre exposés. Exemples concrets pour noter juste et éviter les erreurs de cotation.

Si vous découvrez la méthode, commencez par notre guide pilier : Cotation des risques DUERP : la méthode G×F×D×N. Ici, nous entrons dans le détail de chaque critère.

La gravité mesure la sévérité des conséquences, pas la probabilité

La gravité (G) répond à une seule question : si le risque se réalise, quelle est la sévérité du dommage pour le salarié ? Elle ne dit rien de la probabilité que l'accident survienne — c'est le rôle de la fréquence. Cette distinction est la première source d'erreur de cotation.

Voici comment graduer la gravité de 1 à 4 :

NiveauGravitéExemple concret
1BéninPetite coupure soignée sur place, gêne passagère
2LégerEntorse, blessure sans arrêt de travail
3SérieuxFracture, brûlure avec arrêt de travail
4GraveAmputation, invalidité permanente, décès

Un point de vigilance : on note toujours la gravité du dommage le plus probable, pas du pire scénario imaginable. Une chute de plain-pied peut théoriquement être mortelle, mais sa gravité réaliste est généralement de niveau 2 ou 3.

La fréquence mesure combien de fois le salarié est exposé au danger

La fréquence (F) traduit la régularité de l'exposition. Plus un salarié est souvent confronté au danger, plus la probabilité d'un accident augmente. Attention à ne pas confondre fréquence et durée : la fréquence compte les occurrences, la durée mesure le temps de chaque exposition.

NiveauFréquenceExemple concret
1RareIntervention exceptionnelle, quelques fois par an
2OccasionnelleTâche mensuelle, ponctuelle
3FréquenteExposition hebdomadaire à quotidienne
4PermanenteExposition en continu tout au long du poste

Exemple : un magasinier qui utilise un transpalette électrique toute la journée est exposé en permanence (F = 4) au risque de collision, même si chaque manœuvre ne dure que quelques secondes.

La durée précise le temps d'exposition à chaque situation

La durée (D) complète la fréquence en mesurant le temps passé en situation d'exposition. Deux risques de fréquence identique peuvent présenter des durées très différentes, et donc des criticités différentes.

NiveauDurée d'expositionExemple concret
1Très courteMoins de 30 minutes par jour
2CourteMoins de 2 heures par jour
3LongueEnviron un mi-temps
4Très longuePoste entier ou presque

Le travail sur écran illustre bien la durée : un salarié peut y être exposé toute la journée (D = 4), ce qui justifie une attention particulière aux troubles musculo-squelettiques même si la gravité unitaire reste modérée.

Le nombre de personnes exposées pondère l'enjeu collectif

Le nombre de personnes exposées (N) reflète l'ampleur collective du risque. Un même danger touchant 15 salariés mérite une priorité supérieure au même danger isolé sur un seul poste, car une mesure de prévention y protégera davantage de monde.

NiveauNombre exposésPortée
11 personneRisque individuel
22 à 3 personnesPetit collectif
34 à 10 personnesÉquipe
4Plus de 10 personnesAtelier ou site entier

Ce critère est souvent oublié dans les cotations sommaires. Pourtant, il oriente efficacement les investissements : sécuriser une zone traversée par tout l'atelier a un meilleur rapport coût/bénéfice qu'une mesure ne protégeant qu'un poste isolé.

La maîtrise existante distingue risque brut et risque résiduel

Au-delà des quatre critères, un facteur fait souvent débat : faut-il tenir compte des mesures de prévention déjà en place ? On parle alors de maîtrise. Le risque brut est celui qui existerait sans aucune protection ; le risque résiduel est celui qui subsiste malgré les mesures déjà déployées (équipements de protection, formations, procédures).

Coter le risque résiduel reflète la réalité du terrain, mais il faut toujours documenter les mesures de maîtrise qui justifient l'abaissement du score.

En pratique, deux approches coexistent :

  • Coter le risque brut puis lister séparément les mesures existantes. Lisible, mais le score reste élevé même quand la situation est bien maîtrisée.
  • Coter le risque résiduel en intégrant la maîtrise. Plus réaliste, mais cela exige de tracer rigoureusement les mesures pour ne pas masquer un danger en cas de défaillance d'une protection.

Quelle que soit l'approche, la cohérence est la règle d'or : appliquez la même logique à tous vos risques pour que le classement reste comparable.

Une cotation cohérente conditionne tout le plan d'actions

Bien noter chaque critère n'est pas une fin en soi : c'est ce qui rend votre hiérarchisation fiable et donc votre plan d'actions pertinent. Une gravité surévaluée déplacera de faux prioritaires en tête de liste et vous fera gaspiller des ressources. Pour comprendre comment passer des risques cotés aux actions concrètes, consultez notre guide plan d'actions de prévention et PAPRIPACT.

DUPrev' guide la cotation critère par critère

L'erreur la plus fréquente en cotation manuelle est l'incohérence : un évaluateur note durement, un autre avec indulgence, et le classement perd son sens. DUPrev' propose des échelles standardisées avec des repères pour chaque niveau, de sorte que la gravité, la fréquence, la durée et le nombre d'exposés soient notés de façon homogène sur tous vos risques. La criticité G×F×D×N se calcule automatiquement, et le classement reste fiable d'un risque à l'autre.

👉 Coter mes risques avec des échelles guidées — gratuit →

Pour la méthode complète, revenez au pilier : Cotation des risques DUERP : la méthode G×F×D×N.

Questions fréquentes

À propos de l'auteur

DUPrev'

Expert DUERP & Prévention

DUPrev' est l'outil gratuit de référence pour créer votre Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels conforme au Code du travail.

Découvrir DUPrev' →