Beaucoup de dirigeants pensent encore que les RPS ne concernent pas leur TPE. C'est une erreur — et une non-conformité. Comme tout risque professionnel, les RPS doivent figurer dans le Document Unique. Voici comment les comprendre, les évaluer et les prévenir.
Les RPS sont des risques professionnels à inscrire au DUERP
Les risques psychosociaux désignent les risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d'emploi, l'organisation et les relations de travail. Ils ne sont pas une catégorie optionnelle : au titre des articles L4121-1 à L4121-3 du Code du travail, l'employeur doit évaluer tous les risques, y compris psychosociaux, et transcrire les résultats dans le DUERP.
Omettre les RPS revient à produire une évaluation incomplète. En cas de contentieux — burn-out reconnu, harcèlement, suicide lié au travail — l'absence d'évaluation des RPS dans le Document Unique est régulièrement retenue comme un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité.
À retenir : les RPS sont un risque professionnel à part entière. Leur évaluation dans le DUERP n'est pas une option mais une obligation légale au sens de l'article L4121-3.
Qu'est-ce qu'un risque psychosocial concrètement ?
Les RPS recouvrent plusieurs réalités distinctes, qu'il faut savoir nommer pour pouvoir les évaluer. On les regroupe généralement en familles selon leur origine.
| Type de RPS | Manifestations | Origine fréquente |
|---|---|---|
| Stress au travail | Tension, anxiété, troubles du sommeil | Déséquilibre exigences / ressources |
| Charge mentale | Surcharge cognitive, difficulté à déconnecter | Multitâche, urgences, télétravail |
| Harcèlement moral | Agissements répétés dégradants | Conflits, management déviant |
| Harcèlement sexuel | Propos ou comportements à connotation sexuelle | Relations de travail |
| Violences internes | Conflits, agressivité entre collègues | Tensions organisationnelles |
| Violences externes | Agressions par clients, usagers | Contact avec le public |
| Burn-out | Épuisement professionnel, perte de sens | Surcharge durable, manque de reconnaissance |
Les six facteurs de risque identifiés par l'INRS
Pour structurer l'évaluation, le collège d'expertise sur le suivi des RPS (rapport Gollac) a dégagé six grandes familles de facteurs :
- L'intensité et le temps de travail — surcharge, délais, horaires imprévisibles.
- Les exigences émotionnelles — contact difficile, contrôle de ses émotions.
- Le manque d'autonomie — faible marge de manœuvre, travail répétitif.
- Les rapports sociaux dégradés — conflits, manque de soutien, reconnaissance.
- Les conflits de valeurs — travail empêché, qualité impossible.
- L'insécurité de la situation de travail — peur du licenciement, changements mal accompagnés.
Ces six axes constituent une grille de lecture précieuse pour ne rien oublier lors de l'évaluation.
Comment évaluer les RPS dans son entreprise ?
L'évaluation des RPS suit la même logique que celle des autres risques, mais s'appuie sur des indicateurs spécifiques. La difficulté tient à leur caractère subjectif : on n'observe pas un RPS comme on observe un sol glissant.
S'appuyer sur des indicateurs objectifs
Avant même de mesurer le ressenti, certains signaux chiffrés alertent : taux d'absentéisme, turnover élevé, accidents du travail, plaintes, conflits récurrents, demandes de mobilité. Ces indicateurs de fonctionnement sont disponibles dans toute entreprise et constituent un premier diagnostic.
Recueillir le vécu des salariés
L'évaluation gagne à croiser ces données avec le ressenti des salariés, via des questionnaires anonymes, des entretiens ou des groupes de discussion. Des outils standardisés existent, comme le questionnaire Karasek (demande/latitude) ou la grille RPS-DU de l'INRS, conçue spécifiquement pour intégrer les RPS au Document Unique.
| Méthode | Quand l'utiliser | Avantage |
|---|---|---|
| Indicateurs RH | Diagnostic initial | Données déjà disponibles |
| Questionnaire anonyme | Mesure du ressenti collectif | Vision d'ensemble, anonymat |
| Entretiens individuels | Approfondir une situation | Qualitatif, nuancé |
| Grille RPS-DU (INRS) | Intégration au DUERP | Pensée pour le Document Unique |
Comment prévenir les risques psychosociaux ?
La prévention des RPS doit privilégier les actions collectives et organisationnelles plutôt que les seules mesures individuelles. Offrir une cellule d'écoute est utile, mais ne dispense pas d'agir sur les causes.
- Prévention primaire — agir sur l'organisation : clarifier les rôles, réguler la charge, améliorer la reconnaissance, encadrer le droit à la déconnexion.
- Prévention secondaire — outiller les salariés : formation des managers, gestion du stress, sensibilisation au harcèlement.
- Prévention tertiaire — prendre en charge les personnes en difficulté : cellule d'écoute, accompagnement, retour au travail.
Bonne pratique : la prévention primaire, qui agit sur les causes organisationnelles, est la plus efficace et la plus durable. C'est elle qui doit être recherchée en priorité.
Les RPS, un volet incontournable du Document Unique
Évaluer les RPS n'est ni accessoire ni réservé aux grandes entreprises. C'est une obligation légale, un enjeu de santé et un facteur de performance : un salarié serein est plus engagé et moins absent.
Pour situer les RPS parmi l'ensemble des dangers, consultez notre panorama des familles de risques professionnels à évaluer. Pour le cadre général, reportez-vous au guide complet du Document Unique 2026.
Avec DUPrev', le questionnaire d'évaluation intègre nativement un volet RPS : vous êtes guidé sur chaque facteur, la cotation est proposée et un plan d'actions est généré automatiquement.