Contrairement à une idée reçue, les TMS ne concernent pas que l'industrie lourde. Un poste de caisse, un open space mal aménagé ou un métier de bureau peuvent en générer. Voici comment comprendre, évaluer et prévenir ce risque incontournable de votre Document Unique.
Les TMS sont la première cause de maladie professionnelle
Les troubles musculosquelettiques regroupent les atteintes des muscles, tendons, nerfs et articulations, principalement au niveau du dos, des membres supérieurs (épaules, coudes, poignets) et des membres inférieurs. Ils résultent d'une sollicitation excessive ou répétée du corps dans le cadre du travail.
En France, les TMS représentent la grande majorité des maladies professionnelles indemnisées chaque année. Au-delà du coût humain — douleur, incapacité, désinsertion professionnelle — ils pèsent lourdement sur les entreprises : absentéisme, baisse de productivité, cotisations AT/MP majorées et difficultés de reclassement.
Comme tout risque professionnel, les TMS doivent être évalués et inscrits dans le DUERP au titre des articles L4121-1 à L4121-3 du Code du travail. Ignorer ce risque, c'est laisser prospérer la première cause d'usure professionnelle.
À retenir : les TMS sont un risque professionnel à part entière. Leur évaluation dans le Document Unique est une obligation, pas une option.
Quelles sont les causes des troubles musculosquelettiques ?
Les TMS sont multifactoriels : ils résultent rarement d'une cause unique, mais d'une combinaison de facteurs biomécaniques, organisationnels et psychosociaux. Identifier ces facteurs est la clé d'une évaluation pertinente.
| Famille de facteurs | Exemples | Postes concernés |
|---|---|---|
| Postures contraignantes | Bras au-dessus des épaules, dos courbé, torsion | Manutention, soin, BTP |
| Gestes répétitifs | Mouvements rapides et répétés du poignet | Caisse, montage, agroalimentaire |
| Efforts excessifs | Port et déplacement de charges lourdes | Logistique, déménagement |
| Travail statique | Posture maintenue, position assise prolongée | Bureau, conduite, surveillance |
| Facteurs aggravants | Froid, vibrations, stress, cadence imposée | Industrie, transport |
Les postures et gestes à risque
Trois grands facteurs biomécaniques reviennent systématiquement :
- Les postures contraignantes — bras levés au-dessus des épaules, flexion ou torsion du tronc, accroupissement prolongé. Plus la posture est extrême et maintenue, plus le risque augmente.
- Les gestes répétitifs — la répétition d'un même mouvement, surtout à cadence élevée et sans récupération, sollicite excessivement tendons et articulations.
- Le port de charges — soulever, porter, tirer ou pousser des charges lourdes ou de manière incorrecte est une cause majeure de lombalgies.
Les facteurs aggravants souvent oubliés
Le risque biomécanique est amplifié par l'environnement et l'organisation : le froid, les vibrations, mais aussi le stress et la pression temporelle. Un salarié sous tension adopte des gestes plus brusques et récupère moins bien. C'est pourquoi prévention des TMS et prévention des risques psychosociaux sont étroitement liées.
Comment évaluer le risque de TMS ?
L'évaluation des TMS s'appuie sur l'observation des situations de travail réelles, poste par poste. Il ne suffit pas de lire une fiche de poste : il faut regarder comment le travail se fait concrètement.
- Repérer les postes à risque — à partir des plaintes, de l'absentéisme et des maladies professionnelles déjà déclarées.
- Observer le travail réel — analyser les postures, la répétitivité, les charges et les cadences sur le terrain.
- Associer les salariés — ils sont les meilleurs experts de leur poste et des contraintes qu'ils subissent.
- Coter et hiérarchiser — intégrer le résultat au DUERP avec une cotation et un plan d'actions.
Des outils d'aide existent, comme la méthode OREGE de l'INRS ou les grilles d'analyse ergonomique, pour objectiver l'exposition.
Comment prévenir les TMS durablement ?
La prévention des TMS la plus efficace agit à la source, sur l'organisation et l'aménagement du poste, avant de miser sur le seul comportement du salarié.
| Niveau d'action | Exemples de mesures | Efficacité |
|---|---|---|
| Technique | Aides à la manutention, réglage des postes, outils ergonomiques | Élevée |
| Organisationnel | Rotation des tâches, pauses, réduction des cadences | Élevée |
| Humain | Formation gestes et postures, échauffement | Complémentaire |
- Agir sur le poste — fournir des aides mécaniques (transpalettes, tables élévatrices), régler les hauteurs de travail, réduire les distances de port.
- Agir sur l'organisation — alterner les tâches pour varier les sollicitations, instaurer des temps de récupération, lisser les pics d'activité.
- Former les salariés — la formation aux gestes et postures est utile, mais ne remplace pas l'aménagement du poste. Elle vient en complément.
Bonne pratique : privilégiez toujours les mesures techniques et organisationnelles avant la formation. Adapter le travail à l'homme est l'un des 9 principes généraux de prévention.
Les TMS, un risque à traiter en priorité dans le DUERP
Parce qu'ils sont la première cause de maladie professionnelle, les TMS méritent une place de choix dans votre démarche d'évaluation. Les négliger expose l'entreprise à un absentéisme durable et à une responsabilité accrue.
Pour replacer les TMS dans l'ensemble des dangers, consultez notre panorama des familles de risques professionnels. Pour le cadre réglementaire complet, voyez le guide complet du Document Unique 2026.
Avec DUPrev', le questionnaire d'évaluation couvre les postures, gestes répétitifs et port de charges : vous identifiez les postes à risque, vous cotez et vous générez un plan d'actions de prévention en quelques minutes.